Le hockey sur glace, ce n’est pas ce que vous croyez

En 2017 la France co-organisera avec l’Allemagne les championnats du Monde de hockey sur glace. Problème : de ce sport lointain pratiqué par d’immenses barbus nommés Oleg ou Vladimir, vous ne savez pas encore grand chose. Mais vous n’en restez pas moins convaincu qu’au hockey « on ne voit pas le palet » alors que vous êtes à peu près sûr qu’Oleg et Vladimir pratiquent ce sport dans le seul but de se taper dessus à la première occasion. Et pour ne rien arranger, les règles sont si compliquées… Décidément, le hockey sur glace n’a rien pour lui. A moins que l’on brise quelques idées reçues…

Le palet invisible

Avec un diamètre de moins de 8 centimètres et une épaisseur réduite, le palet de hockey peut largement être qualifié de petit. En outre, dans ce qui reste le sport collectif le plus rapide du monde l’objet circule à une vitesse ahurissante : jusqu’à près de 200 kilomètres à l’heure pour les tirs les plus puissants. De fait, à l’ère des téléviseurs cathodiques aux résolutions très basses il était particulièrement compliqué d’en suivre la trace. Voilà pourquoi une chaîne de télévision américaine -la Fox- a, dans les années 90, développé le bien nommé système Foxtrax permettant de laisser une jolie traînée bleue à l’écran. Rapidement abandonnée, la technologie avait alors déclenché le courroux des puristes mais doit être saluée pour avoir tenté d’apporter une réponse à un problème bien réel.

De nos jours, avec les téléviseurs et diffusions HD, le palet est en fait très visible pour peu que le téléspectateur ne soit pas situé trop loin de l’écran. C’est d’autant plus vrai que le hockey sur glace européen n’est pas aussi rapide que son homologue nord-américain, d’une part en raison de la différence de niveau mais aussi parce que nos patinoires sont généralement plus grandes. Enfin, pour ceux qui se rendent aux matchs, le palet est même encore plus visible, nos arènes n’étant pas de taille démesurée chacun dispose d’une excellente vision du jeu.

Un sport beaucoup trop violent

Le hockey se traîne cette image désagréable depuis fort longtemps et là encore, il convient de relativiser les choses. S’il est vrai qu’en hockey nord-américain (la fameuse “NHL”) les bagarres sont acceptées et codifiées ce n’est pas le cas dans la plupart des autres ligues du monde. Ainsi, en France, la Fédération Française de Hockey sur Glace (FFHG) prohibe les combats et sanctionne instantanément les responsables. Il en va de même lors des Championnats du Monde ou encore lors des Jeux Olympiques.

Au-delà des bagarres, il reste les charges parfois très impressionnantes que les joueurs s’infligent. Là encore, tout est très codifié et il est interdit de projeter violemment un adversaire contre les protections latérales. Le règlement demande à ce que la charge s’accompagne d’une pression afin de limiter la violence du choc. Certes c’est impressionnant et très physique mais rarement dangereux, le plus gros risque étant la commotion cérébrale et c’est pour cette raison que les joueurs de hockey portent un casque. En pratique l’une des blessures les plus courantes de ce sport reste l’entorse de la cheville.

Des règles incompréhensibles

Le hockey sur glace est un sport d’une grande simplicité mais disposant de quelques subtilités pas toujours évidentes à comprendre. Il n’en reste pas moins qu’en sachant que chaque équipe doit faire entrer le palet dans la cage adverse et en connaissant le principe du hors jeu, on sait 90% de ce qu’il faut savoir. Le hors jeu est même plus simple qu’au football étant donné qu’une ligne bleue peinte sur la glace est là pour le matérialiser. Seul chose à savoir : le palet doit franchir la ligne bleue avant tout autre élément de l’attaque. Si ce n’est pas le cas, il y a hors jeu. Simple, non ?

Pour le reste, la plupart des règles concernent des pénalités infligées aux joueurs pour de mauvais comportements. Faire trébucher un adversaire avec la crosse est ainsi sanctionné de deux minutes de “prison” pendant lesquelles l’équipe fautive jouera en infériorité numérique. Les coups de coude, coups de genou, charge contre la tête et même une crosse tenue un peu haut se terminent généralement de la même manière pour les coupables. Non seulement tout est fait pour limiter la violence, mais la supériorité numérique apporte souvent des buts et donc du spectacle.

Un sport réservé à des gros barbus nordiques

On a parlé plus haut d’Oleg et Vladimir et s’il est vrai que l’on croisera souvent de tels prénoms sur les patinoires, les équipes françaises sont forcées par leur Fédération d’afficher au moins 10 joueurs formés localement. Les Julien, Francis, Aymeric et autres Martin ne sont pas rares dans les équipes évoluant sur les glaces hexagonales. Il ne sera donc demandé à personne de s’identifier aux Miroslav et autres Jens, même s’il faut bien reconnaître qu’ils sont souvent très bons avec une crosse dans les mains.

Mieux encore, de nombreux joueurs français évoluent maintenant dans des championnats étrangers. Avec Antoine Roussel et Pierre-Edouard Bellemare à Dallas et Philadelphie, Stéphane Da Costa à Moscou ou Tim Bozon bien parti pour rejoindre un jour les prestigieux Canadiens de Montréal, la France n’est plus vraiment un nain en hockey sur glace, ce qu’elle a d’ailleurs prouvé en battant Russie, Canada et Norvège en compétition officielle lors des trois dernières années. Le pays du fromage fait ainsi partie des 14 meilleures équipes mondiales d’un sport qui lui reste souvent un peu étranger.

Personne ne s’intéresse au hockey

Si l’on vous dit que Grenoble remplit régulièrement une enceinte de 3500 places, vous ne serez probablement pas surpris. En revanche, qui imaginerait qu’il s’agit du premier sport en salle de Bordeaux et que la patinoire de Lyon dépasse très souvent les 3300 spectateurs ? Les gens qui découvrent le hockey sont rarement déçus et apprécient l’ambiance familiale très éloignée de ce que l’on peut voir dans d’autres complexes sportifs. Pour ne rien gâcher, les tarifs pratiqués sont souvent très bas avec la quasi assurance d’assister à un spectacle de qualité.

Mieux encore, chaque année, la finale de la Coupe de France au Palais Omnisport de Paris Bercy réunit plus de 13.000 spectateurs. Et lorsque Grenoble a osé tenter l’aventure d’un match de hockey au Stade des Alpes, ce sont pas moins de 20.000 personnes qui ont investi les tribunes d’une enceinte en mal chronique de remplissage pour ses sports habituels. Bref, le hockey sur glace rassemble un paquet d’amateurs discrets mais bien plus nombreux qu’on pourrait le penser.

Et maintenant on fait quoi ?

On va voir un match parce qu’il est peu probable qu’il n’y ait pas un club à proximité. L’élite du hockey français se compose de 14 villes (Gap, Epinal, Briançon, Grenoble, Bordeaux, Lyon, Morzine, Chamonix, Angers, Brest, Dijon, Strasbourg, Rouen et Amiens) mais d’autres évoluent dans les divisions inférieures. L’Ile-de-France dispose de nombreux clubs de second et troisième niveau (Neuilly-sur-Marne, Courbevoie ou les Français Volants sont les plus connus). Au deuxième échelon on trouve également Nice, Mulhouse, Cholet, Nantes et d’autres comme les Basques d’Anglet. Toutes les informations se trouvent sur le site officiel de la Fédération Française de hockey sur glace.

Ceux qui franchiront le pas découvriront un sport certes agité mais bon enfant et dans lequel tout le monde est là pour prendre du plaisir. En France, les budget sont minces, les joueurs relativement mal payés et il ne viendrait à l’idée de personne de faire ça pour de l’argent. Tout cela changera peut-être dans les années à venir, en particulier si la demande continue d’augmenter pour assister aux rencontres. En attendant le hockey sur glace reste une discipline incroyable, bien éloignée des étiquettes qu’on lui colle souvent très injustement. Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, jetez un oeil à la vidéo ci-dessous.

 

Crédits photos : Flickr, NHL, AFP / Crédit vidéo : Lyon Hockey Club Association

 

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