Trucs et conseils pour survivre dans la «jungle» du hockey mineur

En rafale, trucs et conseils pour survivre dans la «jungle» du hockey mineur québécois, recueillis par des experts de hockey et des parents de joueurs.

 

LE DÉVELOPPEMENT DU JOUEUR

* La première chose à développer : patin, patin, patin.

* Avant 12 ans, la première chose qu’on remarque chez un joueur est son patin. Les mains, ça vient après. Quand le jeu physique arrive, des joueurs perdent leur temps de réaction. La transition sera plus facile avec un bon coup de patin parce le jeune aura plus de temps et d’espace pour prendre des décisions.

* Pratiquer, pratiquer, pratiquer, au lieu de toujours penser à jouer, jouer, jouer. Ce n’est pas en jouant 10 minutes dans une partie qu’un enfant va s’améliorer, l’entraînement est beaucoup plus important. On ne devient pas bon juste à jouer.

* Qualités nécessaires pour percer au hockey : la passion du hockey, un talent certain, une très grande force de caractère, être travaillant et croire en ses rêves. Défaites, blessures, entraîneurs difficiles, compromis et sacrifices font partie de la vie d’un joueur de hockey.

* Les étiquettes restent collées sur un joueur très longtemps. Si un jeune a un problème d’attitude, ou si ses parents dérangent, ça pourrait lui fermer des portes. Les entraîneurs, les dépisteurs, les dirigeants… tout le monde se connaît et se parle dans le hockey.

* Il ne faut jamais arrêter de développer les habiletés techniques, peu importe l’âge et le niveau. Chaque joueur finit par frapper un mur un jour ou l’autre, et ce sont ses habiletés techniques et son attitude qui lui permettront de continuer à progresser.

* C’est primordial de développer toutes les facettes de son jeu pour maximiser sa polyvalence. Être bon avec la rondelle, mais aussi sans la rondelle, et pouvoir jouer à toutes les positions (en attaque et en défense). Un joueur complet comme Sidney Crosby prime sur un joueur unidimensionnel comme Alex Ovechkin.

LES CLIQUES ET LES MAGOUILLES

* Si on prend trop de place, ça dérange.

* On peut passer à côté des cliques, mais il faut être fait fort et se foutre de ce que les gens disent ou pensent. Il faut se faire une carapace. On en vient vite à savoir à qui parler ou non parmi les autres parents.

* La phrase qui dit «C’est qui tu connais» est assez vraie, du hockey mineur jusqu’au junior majeur, et même professionnel.

* C’est triste à dire, mais mieux vaut rester «low profile» et ne pas trop s’impliquer dans son organisation de hockey mineur. Les parents sont presque toujours insatisfaits. Chaque fois, ce sera soit trop cher, soit pas assez bon. D’un autre côté, si on ne s’implique pas assez, on court le risque d’être écarté et notre enfant peut devenir isolé.

* Les parents respectueux (90 %) doivent se regrouper et imposer le respect aux parents problématiques (10 %), ceux qui sont irrespectueux, plaignards, négatifs.

* J’ai déjà vu des parents payer des entraîneurs pour faire passer leur enfant.

* J’ai souvent été témoin de joueurs laissés de côté parce que l’entraîneur n’aimait pas son père ou sa mère.

* La façon d’éliminer la magouille? Arrêter d’avoir les parents comme entraîneurs. Dans un monde idéal, les évaluations pour composer les équipes seraient effectuées par des personnes indépendantes, qui ne connaissent ni les joueurs, ni les entraîneurs.

* Dilemme : si je critique une décision injuste envers mon enfant, il pourrait être «barré», mais si je ne dis rien, mon enfant est triste. Toujours privilégier le respect quand on discute d’un problème.

* Comment réagir face aux magouilles : prendre plaisir à faire regretter les choix des entraîneurs. On contrôle ce qu’on peut, on multiplie les bonnes performances et on se défonce aux entraînements.

L’ARGENT

* L’argent, c’est très important pour payer un bon équipement, de bons spécialistes (glace et hors-glace) et de bons camps de perfectionnement. On peut économiser en limitant, quand c’est possible, les voyages, les hôtels, les restaurants et autres dépenses reliées au hockey. Mais malheureusement, ce sport, comme plusieurs autres, coûte tellement cher à pratiquer, surtout pour l’élite, que bien des familles ne peuvent pas se le permettre.

* Les parents doivent sacrifier énormément de temps, de journées de travail et bien sûr d’argent. Jusqu’au junior, on parle facilement de 50 000 $ pour un seul joueur de haut niveau.

* La phrase «Tous les autres le font, je dois le faire aussi» s’applique dans bien des domaines, incluant le hockey. On veut le meilleur pour nos enfants, et ça coûte beaucoup de $$$. Il faut se méfier des profiteurs qui n’hésitent pas à nous vendre du rêve. Juste du rêve.

* Le hockey AAA d’été est tout à fait exagéré côté coût. Et n’est pas du tout réservé à l’élite. Des joueurs A côtoient des AA, simplement parce leurs parents peuvent payer l’inscription. Ça crée beaucoup de problèmes, car ces parents s’imaginent par la suite que leurs enfants sont d’un calibre supérieur. Rien de plus faux!

LE SPORT-ÉTUDES

* Mon enfant s’entraîne tous les matins et va à l’école l’après-midi. C’est un modèle scolaire beaucoup plus adapté pour lui que le cadre régulier. Et pour nous, comme parents, ça fait en sorte que nous n’avons pas à courir les arénas les soirs de semaine.

* Le hockey scolaire est une excellente idée, mais encore une fois, on revient à l’argent : la plupart de ces programmes sont très dispendieux. Par contre, les heures de glace sont beaucoup plus disponibles et moins coûteuses le jour pendant la semaine.

LES ÉCOLES DE HOCKEY

* C’est une bonne opportunité pour les jeunes de remettre leurs patins, retourner sur la glace et être en pleine forme pour le début des camps.

* Je suggère d’éviter les écoles avec des joueurs professionnels. Elles sont plaisantes, mais c’est plus un «show» qu’autre chose.

* Les écoles de hockey spécialisées sont à privilégier, par exemple, des camps de «power skating» ou de maniement de la rondelle, selon les forces et les faiblesses du joueur.

* Pour un gardien de but, c’est mieux pour lui d’être juste avec des gardiens, et non pas être mélangé avec des attaquants et des défenseurs. Ça permet un perfectionnement plus efficace.

* Toujours demander : que sont devenus les joueurs que vous avez développés?

PARCE QUE TOUT N’EST PAS NÉGATIF…

* Il y a aussi beaucoup de positif dans le hockey mineur. Beaucoup d’amitiés se créent au fil des ans. Il y a des souvenirs incroyables, des personnes inoubliables et je peux t’assurer que même si nous (plusieurs parents) avons sacrifié une partie de notre vie, la plupart recommenceraient la même chose, juste pour voir les yeux illuminés de nos enfants. Le bonheur rend heureux!

 

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Source:  François Parenteau - Hockey

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