Hockey Féminin. Une longue histoire !

01/05/2019

Contrairement à ce que l'on croit généralement, l'histoire du hockey sur glace féminin est déjà très ancienne en France puisqu'elle remonte au début du siècle dernier. En effet, dès 1908, un premier match opposant ces dames, crosses en mains, fut disputé à Paris pour l'attribution d'un trophée qui s'appelait le « Challenge Savoye ». Après une première interruption, le hockey sur glace féminin refit son apparition à la grande époque du Vel 'd'Hiv entre 1930 et 1938.

Sous la grande verrière de l'ancien Palais des Sports de Paris de nombreux matches féminins furent à nouveau organisés grâce à la création de deux équipes locales concurrentes qui avaient pour noms les « Droit au but » et les Flèches noires ».

Certaines de ces rencontres féminines attirèrent de très nombreux spectateurs (parfois plus de 10 000 !) car l'antagonisme entre ces deux formations de la capitale était très vif comme le raconta la grande vedette des Flèches noires, Nickie Wrangellbal.

Un premier championnat de France féminin de hockey sur glace fut organisé officiellement car les joueuses parisiennes se rendaient, une fois dans la saison, dans des stations des Alpes pour affronter quelques rares équipes qui s'étaient constituées sur place. C'est ainsi que le premier titre national féminin de hockey sur glace se disputa en 1932 dans la station de Megève où les « Droit au but » battirent l'équipe féminine de Chamonix qui avait pour surnom les « Edelweiss ».

On notera que ces dames de la Haute-Savoie s'entraînaient et jouaient également beaucoup au hockey sur glace au pied du Mont-Blanc. Ces dernières furent d'ailleurs invitées en Angleterre pour une tournée qui dura quinze jours. Lucie Tollin, qui faisait partie de l'équipe des « Edelweiss », raconta que les hockeyeuses alpines furent reçues dans la capitale avec tous les honneurs puisque dès leur arrivée dans la gare parisienne, Henri Desgranges, le directeur du journal L'Auto (l'ancêtre de L'Equipe) leur offrit des fleurs...

Mais c'est l'équipe parisienne des « Droit au but » qui remporta à nouveau le titre de championne de France en 1933 puis en 1934 après avoir battu à deux reprises leurs ennemies jurées, les « Flèches noires », en finale. Mais en 1935, ce sont les « Flèches noires » qui réussirent à remporter le quatrième et dernier titre national décerné en venant cette fois à bout de leurs consœurs des « Droit au but ».

En raison de la seconde guerre mondiale, le hockey sur glace féminin s'interrompit à Paris tout comme dans les Alpes mais ces dames, contrairement à leurs homologues masculins, ne reprirent pas le chemin des patinoires à la libération. En effet, le hockey sur glace féminin était en fait venu trop tôt dans un contexte peu favorable à l'époque et ce ne fut donc qu'un feu de paille vite éteint.

Il faudra attendre quarante ans pour que le hockey sur glace féminin renaisse de ses cendres en France. Ce retour fut d'autant plus long et laborieux qu'entre-temps, la Fédération Française des Sports de Glace avait ajouté dans son règlement un article qui interdisait formellement la pratique du hockey sur glace en compétition aux personnes du sexe féminin.

Les premiers signes de la réapparition du hockey féminin eurent lieu dans les années 1970 dans la station de Villard-de-Lans où deux équipes de filles se formèrent. A l'image de ce qui s'était passé à Paris, la concurrence entre les « Panthères roses » et les « Cosmos » fut grande puisque, dans cette station de l'Isère, chaque équipe féminine avait son propre bar dans le village et ses propres supporters. Des matches non-officiels furent régulièrement organisés qui attirèrent parfois plus de mille spectateurs !

C'est à cause de ce règlement de la FFSG qu'un grand nombre de filles passionnées par le hockey sur glace se tournèrent un temps vers la ringuette, un dérivé de ce sport où la crosse n'a plus de palette et où le palet est remplacé par un anneau. Mais devant le nombre croissant des licenciées de ringuette, la FFSG se décida finalement à changer son règlement et elle autorisa à nouveau officiellement la pratique du hockey sur glace féminin en 1985.

Si la Fédération de tutelle décida de changer d'attitude, c'est pour une large part grâce à la bataille juridique que décida d'engager une jeune fille de Strasbourg, Angela Lezziero. La hockeyeuse alsacienne, à qui on interdisait de pratiquer son sport favori comme son frère jumeau Alexandre, obtint en effet gain de cause en 1985 après avoir déposé un recours devant le Conseil d'état.

Le premier club féminin affilié à la FFSG fut celui de Grenoble le 18 avril 1985. Toutefois, lors de la saison 1985-1986, les hockeyeuses de l'Isère ne purent obtenir que des licences « non-compétition » qui leur interdisaient encore de disputer un championnat avec d'autres clubs qui avaient l'intention de créer à leur tour une section féminine.

L'année 1986 fut historique à plusieurs titres pour le hockey sur glace féminin. En effet, pour la première fois un club français, en l'occurrence Grenoble, fut invité en République tchèque par le club féminin de Skoda Pilsen. Au même moment à Paris, au siège de la FFSG, le président Jean Ferrand déclara solennellement à l'issue d'une réunion qu'il autorisait la pratique féminine en compétition, ouvrant à la mise en place d'un championnat de France féminin officiel.

Ce fut donc chose faite au mois de septembre 1986. Lors de cette saison inaugurale huit équipes de hockey féminin furent engagées dans le premier championnat de France. On connaît la suite. Si Grenoble remporta les deux premiers titres nationaux en 1987 et en 1988, les filles du club de Gap, puis celles de Saint-Ouen, succédèrent au palmarès* avant que ne débute la longue et écrasante suprématie du club de Cergy-Pontoise qui n'a cessé depuis lors de remporter avec une régularité impressionnante le titre suprême ne laissant échapper que quelques rares finales comme ce fut le cas en 1995 et en 1999 avec un titre décerné à chaque fois au club de Lyon.

Il faut noter par ailleurs que la patinoire de Cergy-Pontoise est devenue une place forte dans cette discipline puisque le club du Val d'Oise organise tous les ans depuis 1993 un tournoi international féminin de hockey sur glace qui a acquis une grand renommée hors de nos frontières.